Je veux rentrer en France !

Je veux rentrer en France !

Hello !

Voyageurs ou non, à la maison ou au bout du monde, on a tous nos moments plus difficiles un jour ou l’autre. Certains détestent partir en voyage, certains détestent rentrer de voyage, d’autres aiment à la fois l’un et l’autre. Je crois que je me situe dans cette troisième catégorie.

Je t’ai déjà dit que j’étais une personne de celles qui se lassent vite, et que j’aimais voyager plus que tout, mais que je ne devais pas rester trop longtemps dans un pays, parce qu’un jour je risque d’en être déçue, et que je préfère partir avant que ça n’arrive. Eh bien après trois mois et demi à Bali, je crois que je suis entrée dans cette période. Cet article ne sera pas un de ceux où je te donne des conseils ou je te parle de ce que j’ai pu faire de touristique, ici je vais plutôt te parler de moi et de mon ressenti actuel.

Je t’avais raconté pourquoi je voyage, et rien n’a changé. J’aime sortir de ma zone de confort, j’aime découvrir de nouvelles choses, partager avec de nouvelles personnes, apprendre de nouvelles cultures, parler de nouvelles langues… J’aime ça, j’adore voyager et c’est certainement l’une des choses qui me tient encore en vie aujourd’hui et me rend heureuse chaque jour.

Mais comme je viens de le dire, j’aime sortir de ma zone de confort, et quand je commence à avoir des habitudes quelque part, à avoir une certaine routine, c’est forcément devenu ma zone de confort, et je ressens le besoin d’en sortir. Je suis arrivée à ce point de mon voyage.

Fin février, je suis arrivée à Bali, en Indonésie. Dès le lendemain de mon arrivée, j’ai commencé à travailler, et ce sera le cas jusqu’à la veille de mon départ pour la France. Donc forcément, quand on passe sa journée derrière un bureau, qu’on se lève tous les jours à la même heure, on finit par se perdre dans la routine, et même si je profite de chacun de mes week-end à fond, je commence à me lasser.

Contrairement à ce que j’ai pu lire, je ne me plains pas d’être à Bali, j’aime ma vie ici, et c’est pour ça que j’y suis encore. Si vraiment je ne m’y plaisais plus, je serais déjà dans l’avion pour la France. Je ne suis pas du genre à me forcer pour faire des choses que je n’aime pas, et je n’ai rien qui ne me retienne ici, si ce n’est l’envie de rester. On m’a aussi dit que si j’avais été une vraie voyageuse, je n’aurais pas envie de rentrer en France. Je ne sais pas trop qui s’est permis de décider qui était un vrai ou un faux voyageur, pour moi, si tu voyages, tu es voyageur, voilà. Pas de distance minimum, pas de durée minimum non plus, pas d’interdiction de retourner dans ton pays ni d’interdiction d’avoir un manque de fromage et de saucisson.

Ce qui commence à me manquer, ici à Bali, c’est justement le voyage, la liberté, l’idée de faire ce que je veux, quand je veux. Je suis entrée dans une routine, je me lève à 9h, je travaille de 10h à 18h du lundi au vendredi, je mange toujours au même endroit le soir, quasiment toujours la même chose. Parfois je travaille aussi les week-ends, souvent ces derniers temps, parfois aussi je finis plus tard parce qu’il y a trop de travail, ou je commence plus tôt. Donc non, je ne suis pas à Bali pour voyager, j’y suis pour travailler, y vivre.

Je trouve ça dingue, que des gens se permettent de m’interdire d’avoir un coup de mou à douze mille kilomètres de tous les gens que j’aime, sous prétexte que je travaille à cinq mètres de ma piscine et que le seul bruit qui me dérange au boulot, c’est celui d’une noix de coco qui tombe de l’arbre. Est-ce que ça fait de moi une personne sans sentiments ? Je ne crois pas, j’ai aussi le droit d’aller bien ou mal, d’être heureuse ou triste, de rire et de pleurer, d’avoir envie d’être ici et de dire que ma famille me manque.. Oui, je crois que j’ai le droit.

Être voyageur, aimer voyager, prendre l’avion et partir ailleurs, ce n’est pas oublier tout ce qu’on a connu avant, ce n’est pas n’avoir plus aucun sentiment. N’importe quel voyageur a des sentiments, et ils sont différents chez chacun. Certains ont peur de partir avant de prendre l’avion, d’autres ont hâte de rentrer, qui es-tu pour juger ? Voyager, c’est s’ouvrir l’esprit, écouter son corps et son coeur, et si tu as envie de partir, tu pars, si tu as envie de pleurer, tu pleures, si tu as envie de rentrer, tu rentres. C’est tout, personne n’est mieux que toi pour juger ce que tu as le droit de faire, dire ou penser.

Je n’ai jamais ressenti ce manque avant, je suis partie vivre loin de mes proches alors que j’avais 15 ans, puis je suis repartie à 19 ans, à 20 ans, et là à 22 ans, et c’est la première fois que je ressens ce manque. Il y a plusieurs raisons. La première, c’est que je suis si loin que j’ai un quart de journée d’avance, et que c’est très compliqué pour communiquer avec mes proches, il faut attendre le week-end, ils sont occupés, et moi aussi, et parfois on ne peut pas pendant plusieurs semaines. La seconde, c’est qu’ici, je ne me suis pas fait de réels amis, alors que c’était le cas dans les autres pays. Et la troisième est beaucoup plus personnelle, mais c’est simplement que je suis dans une période assez compliquée, et qu’ici ou ailleurs, ça ne changerait rien.

C’est la première fois que j’ai envie de rentrer en France, et c’est une sensation très bizarre pour moi, qui me désempare un petit peu. J’ai mis un moment à accepter cette situation de me dire que oui, quand je rentrerai, je serai contente de rentrer. Pour la première fois. Et on me blâme pour ça ? Est-ce un crime d’enfin aimer mon pays après presque vingt-trois années de ma vie ? Alors j’ai creusé un peu, et je me suis souvenue de ce que je n’aimais pas en France. J’adore la France, elle est belle, elle apporte tant, et au fond, tout le monde aime la France. Ceux qu’on n’aime pas, ceux que tous les étrangers veulent éviter, ce sont les français. Pas tous, évidemment. Ceux qui m’ont fait détester mon pays pendant un temps, ceux qui aiment critiquer, rabaisser, juger, ceux qui savent toujours mieux que nous ce que nous avons à faire.

Je n’aimais plus la France parce que je ne supportais plus cette fermeture d’esprit, je suis partie parce que j’avais besoin de nouveau de pouvoir parler et rire de tout, de voir les gens s’aimer et se respecter. J’avais besoin de m’éloigner de cette culture française de la critique, du jugement de tout, de l’autre. Et je crois, après en avoir parlé avec beaucoup d’expatriés ici, et avec plusieurs balinais ou indonésiens, que si j’ai finalement hâte de rentrer en France, c’est parce que je me suis rendue compte que les français à l’étranger sont pires que les français chez eux.

Ici, à Bali, la plupart des expatriés sont des français ou des australiens. La communauté française est incroyable, et encore plus égoïste, raciste et avide de critique, de jugement et d’argent, encore plus qu’en France. Je crois que c’est eux, qui m’ont dégoutée d’un aspect de Bali. Qui m’ont donné hâte de rentrer en France, là où tous les français ne sont pas comme ça. Parce qu’ici, c’est vraiment la majorité. Pour vivre à Bali, en tant qu’expat, il faut être incroyablement riche. Tout est cher pour les blancs, et nous n’avons aucun droit en Indonésie, donc tout est question d’argent. Evidemment, les blancs qui vivent ici ont de l’argent, et pour beaucoup, ça leur est monté à la tête. A Bali, on n’achète plus uniquement la marchandise et tout le reste (deux ou trois fois le prix, pour les blancs), on achète aussi l’amour, le bonheur, les sourires… A Bali, les français ne sont pas des personnes positives, pour la plupart, malheureusement.

Voilà la vérité, ce qui me donne envie de rentrer en France, c’est ce qui m’a donné envie d’en partir. Pas uniquement, évidemment. Je vieillis, je veux rencontrer l’amour, me marier, avoir des enfants, et je sais que ce ne sera pas possible tout de suite si je garde cette vie, donc je veux rentrer, parce qu’en France, il y a le confort, il y a tous mes droits, tout ce qui fait que je suis libre, que je peux avoir un appartement à mon nom, pas à celui d’un indo que j’aurais payé une fortune pour qu’il signe à ma place. Parce qu’en France, j’ai le droit de travailler et d’être payée avant 25 ans, et que ce n’est pas le cas en Indonésie, pour une blanche. Parce qu’en France, un tee-shirt basique chez H&M ne coûte pas le prix d’un demi-SMIC.

On croit que la vie à Bali n’est pas chère quand on y vient en vacances, en tant qu’Européen, avec un salaire de pays développé. La vie à Bali est très chère, et encore plus pour les blancs. Si on faisait la conversion, en ramenant notre salaire au leur, et en comparant les prix, vous verriez que la vie en France est moins chère, et qu’on y trouve plus facilement du travail, qu’on y vit mieux, simplement.

Je crois que je suis partie un peu dans tous les sens, je suis désolée. Je ne souhaitais attaquer personne, j’avais simplement besoin de partager mon ressenti actuel. J’en ai déjà parlé avec des voyageurs, je sais que je ne suis pas la seule à avoir eu cette période de « Ma France me manque », et je pense qu’elle est normale. Voyager et partir loin de mon pays est toujours ce qui m’a permis d’apprendre à l’aimer, parce que quand j’y vivais, j’étais enfermée dans le négatif de cette mentalité française. J’ai écrit à coeur ouvert, j’espère n’avoir offensé personne, et avoir su expliquer mon ressenti. Mon témoignage est peut-être fort, simplement parce que je suis dans une période un peu difficile et que le manque est très présent. Je m’excuse pour mes propos décousus, et merci de m’avoir lue.

 

 

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17 Commentaires

  1. 22 juin 2017 / 22 h 50 min

    Juste un petit message pour t apporter un peu de soutien. Bon courage dans cette épreuve et profite de tes derniers mois à Bali

    • 23 juin 2017 / 7 h 53 min

      Merci ma belle, je profite à fond, c’était juste une petite passe mais j’avais envie de la partager avec vous ! Bisous

  2. 20 juin 2017 / 20 h 17 min

    La fameuse étape des 3/4 mois à Bali, là où l’on se rend compte de beaucoup de choses et qu’on tuerait pour un bout de saucisson et du pain frais!
    C’est l’étape normale lorsque l’on a voyagé et déménagé sans cesse. On en a marre de vivre toutes ses aventures seule. Au bout d’un moment, on a envie de construire quelques chose de stable (perso et boulot) tout en gardant sa liberté de voyager!
    Quant à la routine, il faut réussir à couper les circuits le soir et le week end! Et dire stop quand la marmite est pleine! Tanpis si on passe à côté de la story de rêve, c’est notre vie qui doit primer!
    Profite de tes derniers mois!
    Le moral va revenir, il faut juste réussir à mettre ses idées en place 😉 et surtout éviter les personnes nuisibles !

    • 21 juin 2017 / 4 h 13 min

      Merci pour ton message Solène ! En effet, je suis dans cette période-là, quoi que ça va déjà mieux, j’ai eu mon coup de mou ^^
      Merci beaucoup 🙂

  3. 16 juin 2017 / 16 h 57 min

    Coucou Albane,
    J’ai bien lu ton article et je pense que le manque de ta famille et absolument normal, tu es a des milliers de kilométre. Je pense exactement pareille par apport à la France on ne peux pas dire ce qu’on ressent et dire ce que l’ont pense.
    Mais dans tous les cas je sais que dans toute circonstance tu arriveras à faire face.
    Je te fais de gros bisous et surtout pense à toi et fiche toi d

    • 19 juin 2017 / 4 h 01 min

      Merci ma belle pour tes mots d’encouragement 🙂 Je te fais de gros bisous !

  4. Morganegds
    16 juin 2017 / 12 h 51 min

    Un plaisir de te retrouvé sur le blog, ca ferait un petit moment quand même j’avoue j’ai cru que la newsletter m’avais supprimé ^^ (mais du coup je comprend mieux meme le pourquoi du comment !)

    Perso je pense qu’il faut vraiment pas que tu t’arrêtes sur les « critiques » des gens; qu’ils penses ce qu’il veulent de leurs côté mais en attendant c’est pas eux à ta place ! Tu as tout à fait le droit d’avoir le mal du pays et ca n’enlève rien à ton statut de voyageur (dit toi que moi il m’arrive d’avoir le mal du pays alors que je suis encore en France mais juste à 5h de ma sarthe natale là ou jai tout mes proches alors à ta place j’imagine pas ^^ )
    Bref je te souhaite de bien profité des quelques semaines qu’il te reste à bali et ne t’inquiète pas le temps passe bien vite surtout que maintenant tu est entouré par tes proches. Des bisous

    • 19 juin 2017 / 4 h 02 min

      Tu es adorable ! Et je crois que tu es la seule à avoir vu que je ne postais plus autant…
      Merci beaucoup, et oui, ça va passer vite ! Bisous

  5. Marie
    16 juin 2017 / 11 h 07 min

    Coucou Albane !

    Je comprends parfaitement ton ressenti actuel. Depuis mon premier voyage en solo je n’ai voulu qu’une chose: vivre à l’étranger. Je suis en licence européenne du coup je dois faire un année de cours en anglais et une autre en espagnol. Nous n’avons pas le choix des pays et je me suis retrouvée en Belgique pour mon année « anglophone » (en Flandres, là où ils parlent néerlandais). J’ai vécu un véritable enfer à cause de leur mentalité et du système universitaire qui est vraiment exigeant: cette année m’a complètement détruite mentalement. J’ai tellement hâte de retrouver ma mère et mes amis, faire un break, me retrouver. Je pense que c’est indispensable de rentrer chez soi à un moment donné, que ce soit après 3 semaines ou 3 ans de vie à l’étranger, je pense qu’on en a tous besoin, pour remettre les compteurs à zéro.
    Tu es partie à Bali et tu as une autre expérience de vie. Ce n’était peut-être pas ce à quoi tu t’attendais mais tu l’as vécu, une histoire de plus à raconter à tes enfants 😉
    (Ah oui et j’ai 22 ans aussi et non on est pas vieilles ahahah)
    Bisous!

    • 19 juin 2017 / 4 h 05 min

      Oh zut, je suis désolée pour toi que tu aies eu cette éxpérience ! Vraiment..
      De mon coté, Bali n’est pas différent de ce que j’imaginais, je m’éclate ici, c’est plus d’autres choses qui sont dures mais qui l’auraient aussi été en France, qui n’ont rien à voir avec le fait d’être ici.
      Et moi, à 22 ans presque 23, je me sens vieille, surtout quand je vois que je suis toujours célibataire, et visiblement éternellement..
      Bisous

  6. Angele
    16 juin 2017 / 11 h 05 min

    Coucou Albane, je comprends ce que tu ressens car je suis un peu dans le meme cas que toi ! D’ailleurs ca me ferait plaisir de pouvoir echanger avec toi… Ecris-moi si tu veux.

    Bon courage ma belle !

    • 19 juin 2017 / 4 h 05 min

      Oh ma belle, tu sais que je suis toujours là, il faut m’écrire dès que tu en as envie ou besoin ! Gros bisous

  7. 16 juin 2017 / 10 h 35 min

    Mon petit chat,
    On en déjà parlé mais tu sais déjà ce que j’en penses. Prends soin de toi et seulement de toi et arrête de préoccper de l’avis d’internautes qui ne te connaissent pas et te jugent sans raison… Moi j’ai hâte que tu rentre en france car tu me manque et que j’ai plus qu’envie de te voir.
    Prends soin de toi ! <3

    • 16 juin 2017 / 10 h 47 min

      T’es un amour, merci mon chat ♥️♥️

  8. Coraline
    16 juin 2017 / 10 h 08 min

    Ça se voit que tubes un peu perdue… Dans une vidéo tu disais que finalement tu voulais profiter, voyager et ne pas te poser en France. Et maintenant tu dis le contraire. Mais je te comprends entièrement. Je suis exactement comme toi, partagée entre partir et rester. C’est difficile à expliquer et à se faire comprendre des autres mais c’est une vraie torture mentale. J’espère que le reste de ton séjour se passera bien, et que les choses se passeront comme tu le souhaites quand tu rentreras. Gros bisous

    • 16 juin 2017 / 10 h 46 min

      Au final là dessus je n’ai pas trop changé, je veux me poser en France et voyager, parce que j’ai toujours eu besoin d’avoir mon chez-moi et que j’en peux plus, 12 déménagements en 4 ans c’est trop, j’ai besoin de me poser. Mais ça empêche pas de voyager, juste que j’aurai quelque part où aller quand je rentre 🙂
      Bisous 😘

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