Tout le monde n’est pas fait pour le voyage…

Tout le monde n’est pas fait pour le voyage…

Hello !

Je sais déjà ce que tu te dis, ce titre fait un peu prétentieux du genre « moi je suis faite pour le voyage mais pas toi », mais en réalité ce n’est pas ça du tout ! Laisse moi t’expliquer… Beaucoup considèrent le voyage comme un mode de vie, et je suis assez d’accord avec ça, mais aujourd’hui, je vais te parler du voyage comme passion. C’est avant tout ça, on décide de voyager parce qu’on aime ça et qu’on le veut, ce n’est pas comme le travail où tu n’as pas vraiment le choix.

Le voyage, c’est une question de choix, et il ne faut pas l’oublier. Tu décides quand tu pars, où tu vas, avec qui, ce que tu vas y faire, combien tu vas dépenser, combien de temps tu vas voyager, si tu préfères le backpack ou les hôtels avec piscine… Tu choisis ce que tu veux faire de A à Z, et c’est pour ça que c’est si génial.

Il ne faut pas oublier que le voyage, c’est une passion, certains aiment ça et d’autres non. Certains ont besoin de ça pour se sentir vivants, et d’autres n’ont pas la moindre envie de partir loin de chez eux et de prendre ne serait-ce qu’une semaine de vacances pour arrêter de travailler. J’ai l’exemple dans ma famille. Je suis celle qui se sent vivante en bougeant, j’ai besoin de voyager et de découvrir l’ailleurs et l’autre pour me sentir exister et être heureuse. Mais mon petit frère, il boude à l’idée de prendre deux jours de congé, et quand il est venu me voir trois semaines à Bali, il avait hâte de rentrer au bout de cinq jours. Il préfère rester chez lui, travailler, et n’aime pas voyager. En rentrant d’Indonésie, il m’a dit qu’il avait eu sa « dose de voyage pour les cinq ans à venir ».

Je pense que c’est normal, c’est comme le football par exemple, tout le monde ne peut pas aimer, certains détestent, d’autres s’en fichent, et d’autres encore ne vivent que pas ça. Le problème, c’est qu’on a souvent tendance à oublier que le voyage est une passion aussi, et que tout le monde ne doit pas aimer ça, ni le concevoir et l’aimer de la même manière. Personnellement, si je devais passer ma vie dans les hôtels de luxe, je me lasserais très vite. Mais à l’idée de prendre un sac à dos et de dormir dans un dortoir avec une quinzaine d’inconnus, je saute de joie.

Le voyage nous enseigne l’ouverture d’esprit et l’acceptation de l’autre. Accepter l’autre, ce n’est pas uniquement découvrir de nouvelles cultures, c’est aussi discuter avec son voisin de toujours et accepter qu’il n’aime pas les mêmes choses que soi. C’est pour ça que c’est toujours si compliqué de partir en voyage avec quelqu’un. Ton meilleur ami peut être la personne la plus géniale qui soit, mais si vous n’avez pas la même idée du voyage, vous ne profiterez pas comme vous l’auriez voulu, et c’est pour ça qu’il vaut parfois mieux partir seul.

Selon moi, le voyage ne doit pas être là pour fuir son quotidien. On part pour découvrir autre chose, parce qu’on a besoin de partir, parce qu’on en a envie, pour du positif. Je pense que si on part pour fuir ce qu’on n’aime plus dans notre vie, on ne fait que repousser le problème. Un jour ou l’autre, il faudra revenir à cette vie qu’on n’aimait plus. Ou pire encore, on pourrait emmener ces problèmes en voyage et s’en dégoûter. Quel dommage. Je pense qu’il faut partir parce qu’on a envie de partir, et non pas parce qu’on n’a pas envie de rester.

J’entends souvent aussi ces jeunes qui ne savent pas ce qu’ils veulent faire comme études, perdus, auxquels on dit souvent de prendre une année sabbatique et de voyager, ou de partir travailler à l’étranger. J’étais la première à donner ce conseil, jusqu’à ce que je me rende compte qu’il n’est pas bon pour tout le monde. Je sais que moi, si demain je suis perdue, le fait de partir va m’aider à me retrouver, parce que c’est quelque chose que j’ai en moi qui m’aide à aller mieux, parce que j’ai envie de voyager et que j’aime ça. Mais d’autres ne sont pas dans mon cas, et seraient encore plus perdus à l’étranger.

Je me suis toujours dit que si je montais dans le premier avion demain, pour n’importe quelle destination, je saurais me débrouiller et être heureuse, certainement plus qu’en France. Mais ma petite soeur par exemple, alors qu’elle ne savait pas quoi choisir après son bac, je lui ai proposé de partir, d’être jeune fille au pair ou de trouver un travail à l’étranger pour progresser en langues et découvrir autre chose. Elle m’a regardée avec de grands yeux apeurés l’air de dire « mais pourquoi tu veux que je parte ? »

A quinze ans, j’ai pris toute seule la décision de vivre trois mois en Allemagne, en internat, et de faire mon troisième trimestre de seconde à l’étranger. J’avais l’impression que c’était complètement normal, et je n’ai jamais eu vraiment peur ni regretté, c’était fait pour moi. Mais je rencontre plein de jeunes adultes qui ne partiraient toujours pas aujourd’hui. Ce n’est pas une question d’âge, c’est une question de personnalité et de passion, d’envie.

Alors oui, je pense que tout le monde n’est pas fait pour le voyage, comme tout le monde n’est pas fait pour le foot, la danse, la musique ou les maths. Chacun a ses points forts et ses passions, et ce qui compte, c’est de s’écouter. Ne pars pas en voyage pour faire comme les autres ou parce qu’on t’a dit que c’était génial. Pars parce qu’au plus profond de toi, tu as envie de partir, tu ressens le besoin de bouger à tel point que ça ne te fait plus peur. Pars pour partir, et non pas pour ne pas rester.

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2 Commentaires

    • 12 octobre 2017 / 13 h 32 min

      Oui, je pense que la langue française est suffisamment riche pour qu’on fasse bien la distinction entre deux mots bien différents 🙂 On est d’accord !

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